Return to site

" Difficile d'accepter que l'éducation ne dépend pas que de moi !"

Gwénaëlle, maman de 2 garçons (6 et 3 ans), enceinte d'une petite noisette

· Inspiration

Qui es-tu?

Je m'appelle Gwénaëlle. Je suis maman de 2 garçons, de 6 et 3 ans. J'attends une troisième petite noisette. Je suis architecte d'intérieur et coach déco. Mon entreprise s'appelle Gwenadeco. (Pour plus d'infos : http://gwenadeco.com/ )

Comment as-tu vécu tes grossesses?

J'ai vécu 3 grossesses très différentes.

Ma première était très difficile et c'était l'inconnu pour moi. Je suis restée 7 mois alitée. C'était difficile de rester inactive alors que je travaillais à temps plein en tant que salariée. Du coup, j'ai commencé mon blog. Ma première grossesse a donc été compliquée en termes médical mais aussi psychologique parce qu'il fallait pouvoir faire autre chose pour s'occuper.

Ma deuxième grossesse s'est très bien passée. J'ai même déménagé et changé de pays en cours de grossesse. Je n'ai accouché que 8 jours avant la date. Je n'ai vraiment eu aucun souci, j'ai pu faire plein de choses. Toutefois, je n'étais pas "active". J'étais freelance et j'ai aménagé mon temps de travail pour ne presque rien faire. Je me disais que si je levais le pied dès le début, ça se passerait mieux et je n'aurais pas de soucis. Ce qui s'est avéré efficace. Je travaillais de temps en temps, à mon rythme.

Cette troisième grossesse est encore différente. Je travaille en tant qu'indépendante et il faut que je sois active, même proactive, pour faire rentrer de l'argent. J'essaie d'aménager mon emploi du temps. Indépendante et coach me permet d'aménager de la flexibilité dans mon emploi du temps, ce qui est top pour mes deux grands. Du coup, la grossesse est beaucoup plus fatigante.

Je suis aussi plus prise par le quotidien.

" On pense moins au fait d'être enceinte. Mais parfois, le corps dit STOP ".

Comment abordes-tu ton congé de maternité?

En demi-teinte. J'espère pouvoir jongler entre mes deux grands, la maison et me dire que je peux rester un petit peu active et savoir travailler de chez moi. Je n'arrive pas à m'imaginer que je ne vais pas travailler alors que pour le premier, j'ai été arrêtée 5 mois et ça a été dur de reprendre.

Avais-tu des craintes particulières?

J'ai été confrontée, lors de ma première grossesse , à l'aspect peur de perdre bébé, peur de perdre mon activité de salariée, peur pour ma santé physique. Normalement, l'arrivée d'un enfant se fait progressivement. Quand l'enfant nait, on relativise, on vient de donner la vie, on vieillit, notre maman devient grand-mère. Et moi, j'ai été confrontée à ça dès le début de ma grossesse. Et donc, j'ai eu beaucoup de mal au début de ma grossesse. Puis, ça allait de mieux en mieux. J'ai reçu le coup de massue à l'accouchement, ils nous ont sauvé in extremis tous les deux.

" Ils nous ont sauvé in extremis tous les deux. J'avais dit "je ne ferais pas de deuxième enfant". On craint pour sa vie, pour la vie de son enfant.

Gwénaëlle a 2 enfants et est enceinte du 3e! ;-)

Ce n'est plus même le rapport qu'on pouvait avoir. On était jeunes, insouciants. Et là, d'un coup, j'étais vraiment sur cette crainte. J'ai été accompagnée après la naissance de mon premier enfant car j'avais vécu des choses telles, il fallait que ma mémoire affective se dise "on a vécu des choses, on s'en est sorti, on passe à autre chose". Et je suis très contente d'avoir écouté le médecin. Petit à petit, on devient plus sereine. Même si on a plus de peur pour nos enfants qui deviennent plus nombreux.

Pour toi, quelles ont été les plus grandes joies?

Les voir s'émerveiller, se faire plaisir avec un petit rien. Les enfants ont cette capacité et cette insouciance de dire "WAW, ça, ça me plait ou ça, ça me déplaît". La façon dont ils se façonnent petit à petit.

Et puis... découvrir leur visage à la naissance !

Quelle a été la chose la plus difficile à accepter?

C'est encore le cas, c'est encore difficile à accepter. En termes d'éducation, ça ne repose pas que sur moi, mais sur l'environnement et les autres intervenants (familiaux, scolaires, ...). On fait des choix éducatifs. Puis, à l'extérieur, il y a d'autres règles, d'autres façons de faire. Ce n'est pas parce qu'ils vont avoir plusieurs sons de cloches qu'ils auront une mauvaise éducation.

Je donne des choses que je pense être bien mais ils voient d'autres choses autour. Il n'y aura pas que toi en référent mais aussi la famille proche, l'environnement qui vont faire que les enfants vont être façonnés différemment de nous-mêmes.

" Il y a des choses auxquelles on ne pourra pas les soustraire toute leur vie, même par rapport à la violence extérieure."

Il faut les préparer aussi à ça même si ça ne te plait pas. Tu es bien obligée.

Quelle a été ta plus belle surprise?

En ce moment, c'est la complicité que peuvent avoir mes deux garçons. C'est impressionnant! Ils s'entraident dans la cour de récréation. Quand il y en a un qui a un chagrin, l'autre va chercher le doudou, ou un pansement .

" Je suis épatée qu'à 6 et 3 ans, ils aient déjà cette notion de fraternité aussi forte ! "

C'est un beau sentiment qu'ils doivent garder !

Qu'est-ce qui te donne de l'énergie quand tu as un coup de mou?

Le chocolat !!! (Rires)

Tout simplement, j'observe mes enfants, je les écoute. Et j'en apprends aussi beaucoup. Dans leurs jeux, dans leurs conversations, dans ce qu'ils peuvent échanger, dans les mots qu'ils utilisent, ...

Finalement, c'est quoi ton équilibre ?

Je m'imaginais ne jamais être maman à la maison et toujours être une maman active. Le fait de ne plus avoir eu le droit de travailler, je me suis rendue compte que ce n'était pas si grave que ça. Après, je n'ai pas repris le travail tout de suite. Pour le deuxième, j'ai travaillé très peu. Je suis passée de quelqu'un d'hypra active à quelqu'un qui peut se dire maintenant : "Si je ne peux pas travailler, je ne peux pas travailler". Je relativise beaucoup plus les choses. Finalement, j'ai été maman au foyer et je me suis bien plu dans ce rôle-là.

C'est cet équilibre-là qu'il faut trouver, soi-même. J'ai eu une période où j'ai été maman au foyer et c'était bien. Mais je sais qu'au fond de moi-même, j'ai besoin pour moi, pour ma part active qui reste quand même mon caractère, de ce coté actif. Et donc aujourd'hui, il faut qu'il y ait le juste équilibre. Je veux donc développer cette activité d'indépendante et ça me permet de jongler avec tout ça.

Un message pour les Happy Womum?

" Soyez vous-même ! N'écoutez pas les dires d'un tel ou les dires d'un autre, seulement votre ressenti! Ecoutez-vous !

Mon mari a eu du mal à comprendre que je ne pouvais pas faire de choses. Parce qu'il m'avait toujours connu comme hyper active. Pour lui, c'était impossible qu'on me prive de ma liberté. Avant, j'étais super active et il ne comprenait pas que je ne bouge plus !

" Vu que c'est notre corps, ça se passe chez nous, j'avais du mal à lui expliquer!"

Et maintenant pour le troisième, c'est lui qui me rappelle à l'ordre et qui me dit de m'écouter et de ralentir ! Il faut savoir s'écouter, c'est important. Et le rôle des papas est important. Eux doivent accepter mais ils peuvent aussi conseiller. Ils peuvent avoir ce regard extérieur et nous dire stop quand il faut lever le pied.

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly